Quatre ans après l’assassinat de Samuel Paty, le procès en appel entame un nouvel examen des responsabilités liées à la campagne de haine qui a précédé ce drame. Laurent Nuñez, alors chargé du renseignement, a témoigné tandis qu’un des accusés exprime son soutien à ce dernier au cœur de débats tournés vers la justice et la radicalisation. Cette session judiciaire qui se déroule à Paris vise à clarifier le rôle des protagonistes dans la chaîne ayant conduit à cet acte terroriste, soulevant des questions cruciales sur la liberté d’expression et la lutte contre le terrorisme.
En bref :
📌 Laurent Nuñez témoigne sur la campagne de haine orchestrée avant l’assassinat de Samuel Paty.
📌 Un des accusés apporte un soutien inattendu au témoin au procès.
📌 Le procès en appel examine les liens entre la radicalisation et la diffusion de discours haineux.
📌 L’enjeu central reste la responsabilité dans une affaire mêlant liberté d’expression et menace terroriste.
📌 Ce procès s’inscrit dans la continuité d’une enquête poussée sur les circonstances entourant le meurtre de Samuel Paty.
Le témoignage de Laurent Nuñez au cœur du procès sur la campagne de haine
Dans le cadre du procès en appel des personnes accusées d’avoir instigué la campagne de haine contre Samuel Paty, Laurent Nuñez a apporté son témoignage par écrit devant la cour d’assises spéciale de Paris. En poste à l’époque comme coordinateur au renseignement et à la lutte contre le terrorisme, il a retracé les phases de radicalisation qui ont contribué à alimenter l’atmosphère délétère entourant le professeur d’histoire-géographie.
Il a notamment rappelé que la diffusion de fausses accusations, notamment à partir d’une élève qui avait prétendu à tort avoir été offended par un cours, avait été exploitée pour déclencher une campagne en ligne virulente. Pour Laurent Nuñez, ce procès illustre le continuum entre le discours de haine et le passage à l’acte terroriste, soulignant les défaillances dans la surveillance de la propagation de ces messages haineux.
Soutien inattendu d’un accusé envers Laurent Nuñez
Au cours de l’audience, un des accusés, Abdelhakim Sefrioui, a exprimé un soutien surprenant à la déposition de Laurent Nuñez. Condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour son rôle dans l’affaire, Sefrioui a affirmé que tous les acteurs impliqués dans la campagne de haine partagent la responsabilité, « sauf lui ». Ce geste interpelle alors que la cour examine l’étendue des complicités autour de ce drame.
Ce procès très médiatisé, qui a démarré en janvier, doit durer jusqu’en février 2026. Il réunit huit personnes mises en cause, suspectées d’avoir participé à des degrés divers dans la propagation des messages haineux qui avaient ciblé Samuel Paty avant son assassinat le 16 octobre 2020. Leur responsabilité est jugée au regard des faits de terrorisme et d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
Une affaire révélatrice des tensions autour de la liberté d’expression et du terrorisme
À travers les débats, les enjeux dépassent le simple cas judiciaire. Le procès met en lumière le combat contre la radicalisation et la montée des discours extrémistes sur internet, vecteurs d’une déstabilisation sécuritaire majeure. Il pose aussi des questions fondamentales sur la place de la liberté d’expression dans une société confrontée aux menaces sécuritaires.
En 2026, cette procédure judiciaire constitue un moment clé pour la justice française, qui cherche à établir une chaîne de responsabilités en amont de l’acte terroriste. Des personnalités politiques comme l’ancien garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, également citées comme témoins, renforcent la dimension institutionnelle de ce procès.
Pour un aperçu détaillé de ce procès et comprendre les enjeux actuels, il est possible de consulter des sources spécialisées qui suivent de près cette affaire complexe, telles que Sud Ouest ou encore Ouest-France.


