Une patiente amputée à la suite d’une infection nosocomiale au CHU de Poitiers a obtenu une indemnisation exceptionnelle d’1,2 million d’euros. Cette décision prend fin à un litige médical débuté après son amputation en décembre 2020. La reconnaissance des manquements dans la prise en charge par l’hôpital ouvre la voie à une réparation substantielle des dommages corporels subis.
En bref :
🔹 Une femme de 44 ans amputée d’une jambe à cause d’une double infection nosocomiale contractée au CHU de Poitiers.
🔹 Le tribunal administratif de Poitiers condamne l’hôpital et l’Office national d’indemnisation à verser 1,2 million d’euros d’indemnisation.
🔹 Les manquements dans le suivi médical et la prévention des infections sont pointés du doigt.
🔹 Ce versement est l’un des plus importants liés à un litige médical en Nouvelle-Aquitaine en 2026.
Un litige médical prolongé après l’amputation liée à une infection contractée au CHU de Poitiers
La patiente, désormais âgée de 44 ans, avait été hospitalisée au centre hospitalier universitaire de Poitiers pour une fracture de la cheville. Au cours de son séjour fin 2020, elle a contracté deux infections nosocomiales qui ont gravement compromis la santé de sa jambe. En dépit des soins prodigués, l’aggravation de l’état infectieux a mené à une amputation trans-tibiale.
Après plusieurs années de procédures, le tribunal administratif a examiné en détail les circonstances du dossier. La faute médicale a été établie notamment en raison d’une série de manquements dans le suivi post-opératoire et la gestion des infections, jugée insuffisante pour prévenir la complication grave.
Une indemnisation record accordée pour réparer les préjudices subis
Le 10 mars 2026, la décision du tribunal a été rendue, condamnant l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) et le CHU à verser à la patiente un montant d’1 218 000 euros. Ce montant vise à compenser les différents dommages corporels, incluant l’amputation, la souffrance physique et morale, ainsi que les conséquences sur la qualité de vie.
Cette indemnisation est considérée comme un montant record dans la région, illustrant la gravité du préjudice et la reconnaissance d’une responsabilité de l’établissement hospitalier. Elle intervient alors que la patiente revendiquait initialement plus de 3 millions d’euros, démontrant les limites que le juge a fixées dans ce contentieux délicat.
Les enseignements pour le CHU de Poitiers et la gestion des infections
Le dossier met en lumière les enjeux liés à la prévention des infections nosocomiales dans les établissements de santé. Malgré des protocoles stricts, des défaillances peuvent aboutir à des conséquences dramatiques sur la vie des patients. Dans ce cas précis, le CHU de Poitiers a été pointé du doigt pour des déficiences organisationnelles et techniques dans la prise en charge.
Les autorités hospitalières devront renforcer leurs mesures sanitaires et leur suivi des patients à risque afin d’éviter de futures occurrences similaires. La décision de justice rappelle par ailleurs l’importance pour les victimes de pouvoir accéder à une réparation juste, même dans un contexte de soins complexes.
Pour découvrir le détail de cette affaire, le lecteur peut consulter le reportage de France 3 Nouvelle-Aquitaine ou l’analyse détaillée sur La Nouvelle République.

