Un soir dâhiver, quand on a envie dâun plat principal rĂ©confortant sans passer trois heures en cuisine, le boudin blanc nous sauve souvent la mise. On le connaĂźt moelleux, dĂ©licat, presque lactĂ©, avec ce parfum discret dâĂ©pices et parfois une pointe de muscade. Mais Ă chaque fois quâon le pose dans la poĂȘle, la mĂȘme question revient : quel accompagnement choisir pour ne pas le rendre fade, ni au contraire lui voler la vedette ? Chez nous, on a fait des essais, on sâest trompĂ©s (trop de sauce, purĂ©e trop compacte, pommes trop sucrĂ©es), et on a fini par comprendre un principe simple : le boudin blanc aime les partenaires qui structurent lâassiette (croquant, aciditĂ©, notes grillĂ©es) tout en respectant sa douceur.
Dans cet article, on va viser quelque chose de concret : des idĂ©es de garniture qui fonctionnent vraiment, des repĂšres de cuisson, des associations sucrĂ©es-salĂ©es maĂźtrisĂ©es, et des options plus lĂ©gĂšres pour Ă©viter lâeffet âtrop richeâ. On va aussi parler assaisonnement et accord mets et vins, parce que deux tours de moulin Ă poivre ou un vin trop puissant peuvent suffire Ă dĂ©sĂ©quilibrer les saveurs. Lâobjectif, câest quâen sortant de votre cuisine, vous ayez une assiette qui sent bon le beurre noisette, les lĂ©gumes rĂŽtis, la pomme juste caramĂ©lisĂ©e⊠et un boudin blanc intact, tendre, sans peau Ă©clatĂ©e.
En bref
- đ Trouver le bon Ă©quilibre sucrĂ©-salĂ© (pommes, poires, coing) sans noyer le boudin blanc
- đ„ Choisir une garniture de pommes de terre (purĂ©e, rĂŽties, gratin) avec des repĂšres de texture et de cuisson
- đ„Š Miser sur des lĂ©gumes de saison pour allĂ©ger lâassiette tout en gardant du goĂ»t
- đ MaĂźtriser les sauces (champignons, MadĂšre, moutarde) pour souligner les saveurs, pas les masquer
- đ· RĂ©ussir un accord mets et vins simple (blanc sec, rouge lĂ©ger, blanc aromatique) sans faux pas
Table of Contents
- Choisir lâaccompagnement du boudin blanc : mĂ©thode et repĂšres de cuisson
- Fruits et sucré-salé : pommes, poires, coings⊠le contraste qui fonctionne
- Féculents et textures : pommes de terre, riz, pùtes, lentilles pour un plat complet
- Légumes de saison et salades : fraßcheur, amertume légÚre, notes rÎties
- Sauces, fromages et finitions : assaisonnement, liant, accords mets et vins
- FAQ
Choisir lâaccompagnement du boudin blanc : mĂ©thode, textures et repĂšres fiables
Avant de parler de recettes, on se donne une rĂšgle qui nous Ă©vite la plupart des ratĂ©s : le boudin blanc est fragile. Sa chair est fine, souvent dĂ©jĂ cuite, et sa peau peut Ă©clater si on lâagresse. Du coup, lâaccompagnement doit ĂȘtre pensĂ© comme un support qui apporte soit du relief (croĂ»te, grillĂ©, aciditĂ©), soit du liant (purĂ©e, sauce), mais rarement les deux en version âlourdeâ. Sinon, on se retrouve avec une assiette molle et uniforme.
Dans notre cuisine, on sâappuie sur trois familles de sensations pour construire une garniture cohĂ©rente : fondant (purĂ©e, compote), croquant (pommes sautĂ©es, lĂ©gumes rĂŽtis), et acidulĂ© (vinaigre balsamique, citron, moutarde Ă lâancienne). On choisit deux de ces axes, pas trois, et on garde le boudin comme centre de gravitĂ©.
Cuire le boudin blanc sans le casser : nos repĂšres
On a longtemps fait lâerreur classique : feu trop fort, poĂȘle trop sĂšche, et on tourne sans arrĂȘt âpour bien colorerâ. RĂ©sultat : peau qui se fend, farce qui sort, et texture qui devient granuleuse. Aujourdâhui, on prĂ©fĂšre une cuisson douce, qui respecte le cĂŽtĂ© moelleux.
Notre mĂ©thode la plus rĂ©guliĂšre : poĂȘle antiadhĂ©sive, un filet dâhuile neutre + une noisette de beurre. On dĂ©marre Ă feu moyen-doux, et on laisse colorer 3 Ă 4 minutes par face selon lâĂ©paisseur, en le manipulant le moins possible. Quand on appuie trĂšs lĂ©gĂšrement, il doit ĂȘtre souple mais pas spongieux, et la peau doit ĂȘtre dorĂ©e sans cloquer. Si on veut sĂ©curiser, on finit 5 minutes au four Ă 150°C pour rĂ©chauffer Ă cĆur sans stress.
Ce choix de cuisson influence tout : si notre garniture est déjà trÚs chaude et crémeuse (purée + sauce), on risque de surcuire le boudin au service. Dans ce cas, on sert rapidement et on garde la sauce en quantité mesurée.
Tableau pratique : associer texture et mĂ©thode selon lâeffet recherchĂ©
| Objectif đœïž | Accompagnement conseillĂ© đ„Šđ„đ | Cuisson & repĂšres đ„ | Erreur frĂ©quente â ïž |
|---|---|---|---|
| Assiette rĂ©confortante | PurĂ©e de pommes de terre + jus court | PurĂ©e bien chaude, boudin poĂȘlĂ© Ă feu doux | Trop de purĂ©e Ă©paisse : tout devient âpĂąteuxâ |
| Contraste sucrĂ©-salĂ© | Pommes caramĂ©lisĂ©es + pointe dâaciditĂ© | Pommes dorĂ©es, sucre lĂ©ger, dĂ©glacer au citron | Caramel trop foncĂ© : amertume qui domine |
| Version plus légÚre | Légumes rÎtis + salade | Légumes à 200°C, boudin cuisson douce | Légumes trop mous : pas de relief |
| DĂźner âplat completâ | Lentilles tiĂšdes aux herbes | Lentilles juste fermes, assaisonnement vif | Lentilles trop cuites : texture farineuse |
Une fois ces repĂšres posĂ©s, on peut se faire plaisir sur les associations, en gardant ce fil conducteur : respecter la dĂ©licatesse et travailler lâĂ©quilibre des saveurs. Câest exactement ce quâon va faire avec les fruits, en commençant par le duo le plus simple Ă rĂ©ussir.
Accompagnement boudin blanc en sucré-salé : pommes, poires, coings et fruits bien maßtrisés
Le sucrĂ©-salĂ© avec le boudin blanc, on lâa parfois caricaturĂ© avec une compote trop sucrĂ©e, servie en grosse quantitĂ©. Pourtant, quand on le dose bien, câest lâun des meilleurs moyens de faire ressortir ses saveurs : la douceur du boudin appelle une note fruitĂ©e, et le fruit gagne Ă ĂȘtre rĂ©veillĂ© par une pointe dâaciditĂ© ou dâĂ©pice. Câest une logique trĂšs âcuisine françaiseâ du quotidien : on ne cherche pas la complexitĂ©, on cherche lâĂ©vidence.
Pommes : la valeur sûre, à condition de garder la main légÚre
Chez nous, les pommes restent lâaccompagnement le plus fiable, surtout quand on cuisine pour toute la famille. On choisit une variĂ©tĂ© qui tient : Golden, Reinette, voire Boskoop si on aime plus acidulĂ©. Si la pomme sâeffondre, on perd la mĂąche et on se retrouve avec une purĂ©e sucrĂ©e qui âmangeâ le boudin.
Pour des pommes caramĂ©lisĂ©es rĂ©ussies : 2 pommes pour 4 boudins, coupĂ©es en quartiers. On chauffe une poĂȘle avec 15 g de beurre, on ajoute les pommes, puis 1 cuillĂšre Ă soupe de sucre roux (ou miel). On laisse prendre couleur 6 Ă 8 minutes Ă feu moyen, en retournant une ou deux fois seulement. On termine avec 1 cuillĂšre Ă cafĂ© de jus de citron et une pincĂ©e de cannelle. Le signe quâon est bon : câest dorĂ©, ça sent le beurre noisette, et les quartiers restent entiers quand on les attrape.
En version compote, on rĂ©duit le sucre au strict nĂ©cessaire. On prĂ©fĂšre parfumer avec vanille, cannelle, ou mĂȘme une mini-pointe de poivre. Une compote trop sucrĂ©e rend le plat Ă©cĆurant, surtout si on ajoute une sauce crĂ©mĂ©e Ă cĂŽtĂ©.
Poires, figues, coing : sortir du duo classique sans perdre lâĂ©quilibre
Quand on a envie de varier, la poire fonctionne trĂšs bien, Ă condition de la cuire doucement. On la coupe en deux, on la poĂȘle au beurre, et on ajoute une cuillĂšre de vinaigre de cidre ou quelques gouttes de citron pour garder une tension en bouche. Avec la figue (fraĂźche ou sĂšche rĂ©hydratĂ©e), on obtient une note plus confite, trĂšs agrĂ©able, mais il faut Ă©viter de cumuler figues + sauce sucrĂ©e + vin moelleux : lĂ , on bascule vite dans lâexcĂšs.
Le coing, en hiver, est un vrai alliĂ© si on accepte de lui donner du temps. On le prĂ©pare en compotĂ©e, assez peu sucrĂ©e, avec une cuisson lente jusquâĂ ce quâil devienne rosĂ© et parfumĂ©. Sur un boudin blanc, câest un contraste plus âadulteâ, plus profond, qui rappelle les tables de fĂȘtes sans ĂȘtre compliquĂ©.
Petite liste de nos ajustements qui changent tout
- đ On ajoute toujours une pointe dâaciditĂ© (citron, vinaigre de cidre, balsamique) pour Ă©viter le plat trop rond.
- đ§ On vise une cuisson au beurre qui sent la noisette, mais on Ă©vite le beurre brĂ»lĂ© (amer).
- đ§ On sale lĂ©gĂšrement le fruit en fin de cuisson : câest discret, mais ça fait ressortir les saveurs.
- đż On termine parfois avec une herbe (cerfeuil, persil) pour donner une impression plus fraĂźche.
Ces accords fruitĂ©s sont parfaits quand on veut rester simple. Mais si on cherche un dĂźner plus complet, on passe Ă la famille des fĂ©culents : câest lĂ quâon peut jouer sur la texture, du croustillant au trĂšs onctueux, sans perdre la finesse du boudin.
On peut sâinspirer de techniques de caramĂ©lisation Ă la poĂȘle pour obtenir ce dorĂ© net sans transformer la pomme en confiture, surtout si on cuisine en mĂȘme temps le boudin blanc.
Féculents et garnitures nourrissantes : pommes de terre, pùtes, riz, lentilles
Quand on parle recette de boudin blanc Ă la maison, on finit souvent par revenir aux fĂ©culents, parce quâils rassasient et quâils âportentâ les sauces. Le piĂšge, câest de choisir une base trop lourde, surtout si le boudin est dĂ©jĂ riche. Notre approche : on choisit un fĂ©culent, puis on dĂ©cide sâil doit ĂȘtre crĂ©meux ou croustillant. En gĂ©nĂ©ral, si on prĂ©voit une sauce (champignons, MadĂšre), on prĂ©fĂšre une base plus simple et moins grasse. Si on nâa pas de sauce, on peut se permettre une purĂ©e plus riche.
Pommes de terre : purée, gratin, rÎties⊠et nos erreurs à éviter
La purĂ©e est lâalliĂ©e Ă©vidente. On la rĂ©ussit avec 1 kg de pommes de terre farineuses (type Bintje), cuites Ă lâeau salĂ©e, puis Ă©crasĂ©es au presse-purĂ©e. On ajoute 80 Ă 100 g de beurre et 150 Ă 200 ml de lait chaud, petit Ă petit. Le repĂšre : elle doit âtomberâ de la cuillĂšre, pas se tenir en bloc. Si on la prĂ©pare trop en avance, elle se fige ; dans ce cas, on la dĂ©tend au lait chaud au moment de servir.
Les pommes de terre rĂŽties, câest notre option prĂ©fĂ©rĂ©e quand on veut du contraste avec le moelleux du boudin. On coupe en quartiers, on enrobe dâhuile, sel, poivre, thym, ail, et on cuit Ă 200°C pendant 35 Ă 45 minutes en retournant Ă mi-cuisson. Pour aller plus loin, on suit une mĂ©thode fiable comme celle dĂ©taillĂ©e dans ces pommes de terre rĂŽties bien croustillantes, parce que le croustillant fait vraiment la diffĂ©rence sur ce plat.
Le gratin dauphinois marche trĂšs bien, mais on Ă©vite de lâassocier Ă une sauce crĂ©mĂ©e : trop de crĂšme, et le boudin paraĂźt fade. Quand on fait gratin, on prĂ©fĂšre accompagner dâune salade amĂšre (roquette) ou dâendives pour rééquilibrer.
Riz, pĂątes : le boudin blanc en version âplat du soirâ
On y pense moins, mais un riz pilaf est redoutablement pratique. On fait revenir une Ă©chalote, on ajoute le riz, on nacre 2 minutes, puis on cuit avec 1,5 fois son volume de bouillon. On obtient un riz parfumĂ©, pas collant, qui accueille parfaitement des rondelles de boudin poĂȘlĂ©es et quelques champignons.
CĂŽtĂ© pĂątes, on aime les tagliatelles al dente avec une crĂšme lĂ©gĂšre (ou mĂȘme un mĂ©lange crĂšme + bouillon pour allĂ©ger). On ajoute des champignons poĂȘlĂ©s, et on pose le boudin au dernier moment. Lâerreur quâon a faite au dĂ©but : mĂ©langer le boudin directement dans la sauce en cuisson forte. Il se dĂ©fait et perd son cĂŽtĂ© âtrancheâ gourmand. On garde donc les rondelles entiĂšres, juste rĂ©chauffĂ©es.
Lentilles : rustiques, économiques, et parfaites avec un assaisonnement vif
Les lentilles vertes (type Puy) donnent un cĂŽtĂ© campagne trĂšs agrĂ©able avec le boudin blanc. On les cuit avec carotte, oignon, laurier, et on les garde lĂ©gĂšrement fermes. On les assaisonne ensuite avec une vinaigrette moutardĂ©e (moutarde Ă lâancienne, vinaigre, huile, sel, poivre). Câest lĂ que lâassaisonnement compte : sans aciditĂ©, lâensemble manque de nerf.
Si on veut une variation plus douce, les lentilles corail en purĂ©e (un peu de crĂšme ou lait de coco) marchent bien, mais on met alors une garniture âcroquanteâ Ă cĂŽtĂ© (oignons frits, noisettes concassĂ©es) pour Ă©viter le tout-mou.
AprĂšs ces bases nourrissantes, on a souvent envie de rĂ©introduire du vĂ©gĂ©tal franc, plus vert, plus net. Câest le rĂŽle des lĂ©gumes de saison et des salades : ils allĂšgent, ils parfument, et ils redonnent du contraste Ă lâassiette.
LĂ©gumes de saison et salades : lâaccompagnement qui Ă©quilibre vraiment le boudin blanc
On a longtemps rĂ©servĂ© le boudin blanc aux repas ârichesâ, avec purĂ©e + sauce + parfois mĂȘme un peu de fromage. Puis on sâest rendu compte quâavec des lĂ©gumes bien cuisinĂ©s, on gardait le cĂŽtĂ© festif tout en rendant le plat plus digeste. Le secret, câest de ne pas servir des lĂ©gumes âtristesâ (vapeur sans assaisonnement), mais de leur donner une vraie personnalitĂ© : rĂŽtis pour les notes grillĂ©es, glacĂ©s pour le brillant, ou braisĂ©s pour le fondant.
Tableau des légumes par saison : idées, temps, et repÚres visuels
| Saison đïž | LĂ©gumes qui marchent đ„Š | Cuisson recommandĂ©e đ„ | Signe de rĂ©ussite đ |
|---|---|---|---|
| Automne / Hiver | Butternut, panais, carottes, chou-fleur, choux de Bruxelles | RĂŽtis 200°C ou braisĂ©s 20â35 min | Bords dorĂ©s, cĆur tendre, parfum de noisette |
| Printemps | Asperges vertes, petits pois, navets nouveaux | PoĂȘlĂ©s 8â12 min ou vapeur + beurre citronnĂ© | Couleur vive, texture encore croquante |
| ĂtĂ© | Courgettes, aubergines, tomates (tian/ratatouille) | Four 180â200°C, 35â50 min | LĂ©gumes confits mais pas dĂ©trempĂ©s |
Nos mĂ©thodes âanti-lĂ©gumes fadesâ : rĂŽtir, glacer, braiser
RĂŽtir, câest notre option la plus simple : on coupe, on huile, on sale, on enfourne. Avec le butternut, on ajoute volontiers un peu de thym et une pincĂ©e de muscade, parce que ça rĂ©pond aux Ă©pices du boudin. Les carottes glacĂ©es demandent un peu plus dâattention, mais elles sont parfaites : eau + beurre + un soupçon de sucre, cuisson Ă dĂ©couvert jusquâĂ Ă©vaporation. On obtient une surface brillante, un goĂ»t lĂ©gĂšrement sucrĂ©, sans basculer dans le dessert.
Braiser un chou-fleur, ou des choux de Bruxelles coupĂ©s en deux, donne une profondeur Ă©tonnante : une poĂȘle, un peu de beurre, on colore, puis on ajoute une petite louche dâeau et on couvre. Quand câest tendre, on dĂ©couvre pour faire Ă©vaporer. Lâerreur frĂ©quente : trop dâeau, et on finit avec un lĂ©gume dĂ©trempĂ©. On vise plutĂŽt une cuisson qui concentre.
Salades et fraĂźcheur : quand on veut un boudin blanc moins âfestifâ, plus quotidien
Pour une version plus lĂ©gĂšre, on aime servir le boudin avec une salade structurĂ©e. La mĂąche apporte du velours, la roquette une amertume utile, et le cĂ©leri rĂ©moulade une fraĂźcheur qui coupe la richesse. On poĂȘle le boudin, on le tranche, et on le pose tiĂšde sur la salade. On ajoute une vinaigrette simple (moutarde, vinaigre, huile), et parfois quelques croĂ»tons.
Si on veut une idĂ©e vĂ©gĂ©tale encore plus fondante, une fondue de poireaux est superbe : douce, parfumĂ©e, et trĂšs âcuisine du quotidienâ. On peut sâinspirer dâune base comme cette fondue de poireaux simple, en gardant la main lĂ©gĂšre sur la crĂšme pour laisser le boudin blanc au premier plan.
Ă ce stade, il ne reste quâun Ă©lĂ©ment qui peut transformer lâassiette : la sauce (ou une finition fromagĂšre), et le bon verre Ă cĂŽtĂ©. Câest souvent lĂ que tout se joue, pour passer dâun bon plat Ă une assiette vraiment harmonieuse.
Une bonne sauce aux champignons se construit surtout sur la rĂ©duction et la cuisson des champignons : bien les saisir, laisser Ă©vaporer lâeau, puis seulement crĂ©mer. Câest ce geste qui donne la saveur sans alourdir.
Sauces, fromages, assaisonnement et accord mets et vins : sublimer sans masquer
On peut avoir la meilleure garniture du monde, si on rate la sauce ou lâassaisonnement, le boudin blanc perd son charme. Ce quâon cherche, câest un liant qui enrobe, une touche aromatique qui soulĂšve les saveurs, et une finale nette. On a appris avec le temps quâil vaut mieux une petite quantitĂ© de sauce bien rĂ©duite quâune assiette noyĂ©e. Le boudin blanc, lui, doit rester reconnaissable : on doit pouvoir couper une tranche, voir le moelleux, sentir la chaleur douce, pas une crĂšme uniforme.
Sauces qui marchent vraiment : champignons, MadĂšre, moutarde, chutney
La sauce aux champignons est notre classique : champignons de Paris ou mĂ©lange forestier, Ă©chalote, beurre, un trait de vin blanc, puis crĂšme. On sale en fin de cuisson, sinon les champignons rendent trop dâeau. Le repĂšre : la sauce doit napper la cuillĂšre, pas couler comme du lait.
Pour une touche plus ârepas de fĂȘteâ, la sauce au MadĂšre ou au Cognac fonctionne trĂšs bien. On dĂ©glace, on rĂ©duit, puis on ajoute une petite touche de crĂšme. Il ne faut pas surdoser lâalcool : on cherche un parfum, pas une flambĂ©e permanente en bouche. On a dĂ©jĂ trop rĂ©duit et obtenu une sauce trop sucrĂ©e et collante ; depuis, on surveille et on coupe avec un peu de fond de volaille si nĂ©cessaire.
La moutarde Ă lâancienne est idĂ©ale quand on sert une purĂ©e ou des lentilles : elle apporte une aciditĂ© douce, des grains qui donnent du relief. Enfin, cĂŽtĂ© sucrĂ©-salĂ©, un chutney dâoignon rouge, de poire ou de figue est redoutable, Ă condition dâen mettre juste une cuillĂšre, comme un condiment.
Fromages : fondant oui, mais avec mesure
Le fromage peut transformer le plat, surtout en hiver. Un camembert lĂ©gĂšrement coulant avec pommes poĂȘlĂ©es et boudin blanc, câest gourmand. Mais on Ă©vite dâajouter en plus une sauce crĂ©mĂ©e, sinon tout devient uniforme. Pour un gratin façon reblochon, on fait simple : pommes de terre + oignons + boudin en rondelles, et on sert avec une salade bien vinaigrĂ©e pour Ă©quilibrer.
On garde en tĂȘte que le fromage devient presque un deuxiĂšme plat. Si on le met, on simplifie le reste : lĂ©gumes rĂŽtis ou salade, et assaisonnement vif.
Accord mets et vins : nos choix sans se compliquer la vie
Pour un accord mets et vins cohĂ©rent, on Ă©vite les rouges puissants et tanniques. Le boudin blanc est dĂ©licat : un vin trop charpentĂ© Ă©crase tout. On choisit souvent un blanc sec (Chenin de Loire, Chardonnay peu boisĂ©), qui Ă©pouse la texture et apporte de la fraĂźcheur. Si on prĂ©fĂšre le rouge, un Pinot Noir lĂ©ger fait trĂšs bien lâaffaire, surtout avec une garniture de champignons.
Quand on est sur un sucrĂ©-salĂ© (pommes, poires), un blanc plus aromatique peut ĂȘtre superbe, Ă condition quâil reste Ă©quilibrĂ©. On garde la main sur le sucre cĂŽtĂ© assiette, pour que le vin ne devienne pas lourd.
Idées apéro et restes : quand le boudin blanc devient un ingrédient
Le boudin blanc se recycle trĂšs bien. En restes, on le coupe en dĂ©s et on lâajoute Ă une quiche, Ă un gratin de lĂ©gumes, ou Ă une salade de pommes de terre tiĂšde. On peut aussi en faire des bouchĂ©es : mini-brochettes boudin/pomme, toasts avec moutarde Ă lâancienne, ou feuilletĂ©s rapides.
Si on prĂ©pare un apĂ©ritif maison, on aime piocher des idĂ©es de montage comme dans ces idĂ©es de brochettes apĂ©ro, puis on adapte avec une rondelle de boudin poĂȘlĂ© et un cube de fruit. Câest simple, mais ça fait toujours son effet, surtout si on soigne la cuisson pour garder le moelleux.
Avec ces sauces, finitions et repĂšres de boisson, on a dĂ©sormais une boĂźte Ă outils complĂšte : Ă nous dâassembler selon lâenvie, la saison et le temps disponible, sans perdre lâĂ©quilibre de lâassiette.
Quelle quantité de boudin blanc prévoir par personne ?
Chez nous, on compte en gĂ©nĂ©ral 1 boudin blanc (environ 120 Ă 150 g) par adulte, surtout sâil y a un fĂ©culent en accompagnement. Si lâassiette est trĂšs lĂ©gĂšre (salade + lĂ©gumes), on peut monter Ă 2 petits boudins. Lâimportant est dâĂ©quilibrer avec la garniture pour Ă©viter un repas trop riche.
Comment éviter que le boudin blanc éclate à la cuisson ?
On le cuit Ă feu moyen-doux, dans une poĂȘle lĂ©gĂšrement graissĂ©e, et on le manipule le moins possible. On Ă©vite de piquer la peau, et on ne cherche pas une coloration agressive. Si on a le temps, finir 5 minutes au four Ă 150°C permet de rĂ©chauffer Ă cĆur sans stress.
Quel accompagnement choisir pour un boudin blanc truffé ?
Avec un boudin blanc truffĂ©, on reste sobre : purĂ©e de pommes de terre lisse, ou pĂątes fraĂźches avec un peu de beurre, et Ă©ventuellement une salade verte. On Ă©vite les sauces trop parfumĂ©es (MadĂšre, moutarde forte) qui masqueraient lâarĂŽme de truffe.
Peut-on prĂ©parer les accompagnements Ă lâavance pour gagner du temps ?
Oui : on peut préparer la compote, les légumes rÎtis (réchauffage au four), ou les lentilles la veille. La purée se fait aussi en avance, mais il faut la détendre au lait chaud au moment de servir. Le boudin blanc, lui, est meilleur cuit au dernier moment pour garder son moelleux.
Quel vin servir si on accompagne le boudin blanc avec des pommes caramélisées ?
On aime un blanc sec avec de la fraĂźcheur (Chenin, Chardonnay peu boisĂ©). Si les pommes sont trĂšs prĂ©sentes, un blanc plus aromatique peut marcher, mais on Ă©vite les vins trop sucrĂ©s pour ne pas alourdir lâaccord. LâidĂ©e est de garder une finale nette et digeste.


