En 2025, les stations de ski françaises incarnent un modèle hybride où se mêlent domaines publics et gestion privée, soulevant la question du véritable contrôle exercé sur ces infrastructures cruciales pour le tourisme de montagne. Entre collectivités locales qui cherchent à conserver une influence et opérateurs privés qui prennent en charge l’exploitation, le paysage économique et administratif des domaines skiables se complexifie.
🔹 Le contrôle des stations de ski en France repose sur des équilibres variés selon la taille et la nature des stations. 🔹 Cette dualité entre gestion publique et privatisation impacte directement la gouvernance, les investissements et la politique touristique locale. 🔹 La montée des enjeux climatiques alimente également le débat sur la durabilité et l’adaptation des stations à long terme.
Gestion publique, privatisation et leurs implications
Dans le contexte français, les stations de ski fonctionnent majoritairement sous une forme d’exploitation mixte. De nombreuses collectivités locales détiennent la propriété des domaines publics, notamment les infrastructures telles que les remontées mécaniques, considérées comme un service public. Toutefois, leur exploitation est souvent confiée à des entreprises privées via des délégations de service public (DSP).
Les petites stations privilĂ©gient frĂ©quemment une gestion directe en rĂ©gie ou via des sociĂ©tĂ©s publiques locales (SPL), favorisant un maintien du contrĂ´le public. Par contraste, les grands domaines, nĂ©cessitant des investissements de plusieurs dizaines de millions d’euros, optent pour la DSP, transfĂ©rant ainsi le risque et la gestion Ă des exploitants expĂ©rimentĂ©s. Cette organisation est dĂ©taillĂ©e dans un rapport spĂ©cialisĂ© qui dĂ©crit les rapports complexes entre entitĂ©s publiques et privĂ©es.
Un modèle en mutation face aux défis économiques et environnementaux
Les politiques publiques françaises cherchent désormais à décanter progressivement ce modèle en proposant une meilleure intégration des enjeux climatiques et environnementaux dans la gestion des stations. Selon les recommandations d’un récent rapport officiel, la mise en place d’un fonds alimenté par la fiscalité locale pourrait accompagner cette transition indispensable.
La dépendance au tourisme hivernal reste un point de fragilité important. Le tourisme de montagne en France génère en effet près de 22,4 % des nuitées touristiques nationales, une part significative mais vulnérable aux aléas du climat. Cette réalité incite aussi les acteurs du secteur à diversifier les activités et à moderniser les infrastructures, comme le souligne l’expertise d’Espelia, cabinet spécialisé dans la gestion durable des domaines skiables.
Qui détient finalement le contrôle ? Les enjeux de la gouvernance locale
Il est difficile de définir un propriétaire unique des stations de ski françaises. Les collectivités locales conservent souvent la main sur le foncier et les infrastructures grâce à leur statut public, mais délèguent fréquemment l’exploitation à des entités privées via des contrats de longue durée. Cette dualité génère une tension constante entre maîtrise publique et efficacité économique.
Le défi majeur pour les autorités réside dans la capacité à concilier un modèle économique viable, la nécessité d’investissements massifs, et les attentes sociétales en matière de respect de l’environnement. Le débat sur la privatisation des stations, notamment des remontées mécaniques, demeure au cœur des préoccupations, comme le montre une analyse approfondie publiée sur Ouest-France.
Vers une nouvelle gouvernance adaptée aux enjeux de demain
La nécessité d’une gouvernance renouvelée est également portée par des études universitaires et documents de contrôle public, tels que le rapport annuel de la Cour des comptes, qui invite à une meilleure coordination entre acteurs publics et privés.
Dans ce contexte, la montée en puissance de la transition écologique encourage à repenser la place du tourisme dans l’économie montagnarde, en privilégiant des politiques locales qui favorisent un développement plus soutenable, tout en préservant un contrôle adapté des collectivités sur leurs territoires.


