Quand on prĂ©pare un boeuf bourguignon, on sait dĂ©jĂ que la maison va sentir le vin rouge, les herbes aromatiques et les champignons pendant des heures. Câest le genre de plat traditionnel qui se cale naturellement un dimanche dâhiver, quand on a envie de prendre notre temps, de mettre la table sans se presser, et dâentendre la cocotte « travailler » doucement. Mais dĂšs quâon soulĂšve le couvercle, une question revient toujours au moment de servir : quel accompagnement choisir pour que la sauce ne soit pas juste dĂ©licieuse⊠mais pleinement mise en valeur ? Parce que la sauce, justement, câest presque le cĆur du plat : profonde, sombre, nappante, avec cette pointe dâaciditĂ© et dâamertume noble que le vin apporte aprĂšs rĂ©duction.
Nous avons essayĂ© pas mal de choses au fil des hivers : des classiques qui rassurent, des options plus lĂ©gĂšres pour Ă©quilibrer, et quelques dĂ©tours qui surprennent sans trahir la cuisine française. Ă force, on a compris que lâaccompagnement nâest pas un « Ă -cĂŽtĂ© » : câest un outil pour gĂ©rer la richesse, pour varier les textures, et pour faire en sorte que chaque bouchĂ©e soit complĂšte. LâidĂ©e nâest pas de compliquer votre recette, mais de choisir une garniture qui absorbe, contraste ou rafraĂźchit au bon moment. Et surtout, de vous donner des repĂšres concrets : quantitĂ©s, temps, tempĂ©ratures, et signes visuels qui Ă©vitent les erreurs quâon a nous-mĂȘmes faites.
En bref
- đ· Choisir un accompagnement qui capte la sauce sans Ă©craser le goĂ»t du vin rouge.
- đ„ RĂ©ussir une purĂ©e de pommes de terre lisse (sans colle) avec les bons gestes.
- đ Comprendre pourquoi les pĂątes longues (tagliatelles, pappardelle) marchent si bien.
- đż Ajouter des lĂ©gumes pour apporter couleur, fraĂźcheur et rythme en bouche.
- đ Renforcer lâaccord naturel avec les champignons sans alourdir.
- â±ïž Anticiper lâorganisation : ce qui se prĂ©pare Ă lâavance, ce qui se rĂ©chauffe bien, ce qui se fait minute.
Table of Contents
- Pourquoi lâaccompagnement change tout avec un boeuf bourguignon
- Pommes de terre : le compagnon le plus fiable de la sauce au vin rouge
- Pùtes, riz et céréales : absorber sans étouffer
- LĂ©gumes rĂŽtis, vapeur et salades : apporter de lâair dans lâassiette
- Polenta, spaetzles et twists réalistes : surprendre sans dénaturer
- Service, présentation, conservation : garder le fondant et la sauce brillante
Pourquoi lâaccompagnement change tout avec un boeuf bourguignon
On peut avoir une viande fondante, une sauce bien liĂ©e et des arĂŽmes superbes, et pourtant servir une assiette un peu « lourde » si lâaccompagnement est mal choisi. Câest quelque chose quâon a remarquĂ© en famille : la premiĂšre assiette est toujours un bonheur, puis on ralentit vite si rien ne vient casser la densitĂ©. Lâobjectif nâest pas de rendre le plat plus « lĂ©ger » Ă tout prix, mais de lui donner un Ă©quilibre : du moelleux pour accueillir la sauce, du croquant ou du frais pour relancer lâappĂ©tit, et des couleurs pour que lâĆil donne envie avant mĂȘme la premiĂšre bouchĂ©e.
Avec le boeuf bourguignon, la sauce au vin rouge a du caractĂšre : elle est sombre, concentrĂ©e, souvent lĂ©gĂšrement sucrĂ©e par la carotte et lâoignon, et renforcĂ©e par les champignons. Si on met Ă cĂŽtĂ© un fĂ©culent trop marquĂ© (Ă©pices trĂšs puissantes, fumĂ© envahissant), on perd la finesse des arĂŽmes de mijotage. Ă lâinverse, si on sert quelque chose de trop neutre et sec, on a lâimpression de « manger la sauce » plutĂŽt que de la savourer avec un support.
Nous nous fixons trois questions simples avant de trancher. Dâabord : est-ce que ça absorbe ou est-ce que ça contraste ? Une purĂ©e ou des pĂątes absorbent, une salade contraste. Ensuite : est-ce que ça se gĂšre facilement le jour J ? Un gratin demande de la place au four, une vapeur se fait en derniĂšre minute, un riz peut attendre Ă couvert. Enfin : quel est le contexte du repas ? Un dĂźner de semaine ne ressemble pas Ă une grande tablĂ©e oĂč lâon peut aligner plusieurs plats.
Dans notre cuisine, on a aussi appris Ă ne pas nĂ©gliger lâimportance de la texture. La viande est dĂ©jĂ fondante, alors un accompagnement trĂšs mou peut rendre lâensemble monotone. Câest lĂ que les lĂ©gumes rĂŽtis avec des bords dorĂ©s, ou des haricots verts juste croquants, changent tout. On obtient ce petit « relief » qui fait quâon finit lâassiette avec la mĂȘme envie quâau dĂ©but.
Si vous aimez raisonner par comparaisons, on retrouve cette logique dans dâautres plats : par exemple, quand on cherche un accompagnement pour un filet mignon, on vise souvent le mĂȘme Ă©quilibre entre sauce, fondant et touche vĂ©gĂ©tale. Ce sont des rĂ©flexes de cuisine du quotidien, pas des rĂšgles rigides. LâidĂ©e, câest de vous rendre autonomes : comprendre ce que fait chaque garniture dans lâassiette. Et maintenant quâon a posĂ© le « pourquoi », passons au « avec quoi », en commençant par lâoption la plus tolĂ©rante Ă toutes les sauces : la pomme de terre.
Pommes de terre : le compagnon le plus fiable de la sauce au vin rouge
Si on devait choisir une seule famille dâaccompagnement pour un boeuf bourguignon, on reviendrait presque toujours aux pommes de terre. Elles ont ce don rare : elles se font discrĂštes, mais elles travaillent pour nous. Leur goĂ»t doux laisse la sauce au vin rouge au premier plan, et leur amidon capture le jus comme une Ă©ponge. Quand on a une sauce bien nappante, câest exactement ce quâon cherche : un support qui prolonge la bouchĂ©e.
Purée de pommes de terre : onctuosité, sans effet « colle »
La purĂ©e de pommes de terre, on lâa ratĂ©e comme tout le monde : trop mixĂ©e, elle devient Ă©lastique et collante. Notre rĂšgle est simple : on Ă©crase, on ne mixe pas. Pour 4 personnes, nous partons sur 1 kg de pommes de terre farineuses (type bintje), cuites dans une eau salĂ©e dĂ©part froid, 25 Ă 30 minutes aprĂšs Ă©bullition douce. On Ă©goutte, puis on remet 1 minute sur feu trĂšs doux pour sĂ©cher la vapeur.
Ensuite, presse-purée ou moulin à légumes. On incorpore 80 g de beurre en morceaux, puis 150 à 200 ml de lait entier chaud (pas froid, sinon la purée se fige). Le bon signe : la purée forme un ruban souple, elle brille légÚrement, et elle ne fait pas de « bloc ». Une pincée de muscade est possible, mais on reste léger pour ne pas détourner la sauce.
Pommes de terre rĂŽties, sarladaises, hasselback : jouer le croustillant
Quand on veut du contraste, on passe au four ou Ă la poĂȘle. Les pommes sarladaises donnent un cĂŽtĂ© trĂšs convivial : tranches Ă©paisses, graisse de canard, ail, persil. On vise une cuisson lente pour avoir un cĆur fondant : 35 Ă 45 minutes Ă la poĂȘle, feu moyen, en remuant avec douceur. On a dĂ©jĂ vu (et fait) lâerreur de trop remuer : ça casse les tranches et ça finit en brisures grasses. On attend que ça colore avant de retourner.
En version four, les pommes de terre en papillote sont reposantes : un filet dâhuile, romarin, sel, poivre, 190°C pendant 50 Ă 60 minutes selon la taille. Pour les hasselback, on incise sans couper jusquâau bout, on badigeonne de beurre ou dâhuile, et on obtient des bords croustillants qui retiennent la sauce entre les lamelles.
Gratin dauphinois : la solution « repas de famille »
Le gratin, câest la garniture qui annonce la fĂȘte. Nous le rĂ©servons aux tablĂ©es, parce quâil demande du four et un peu dâattention. Pour un plat 6 personnes : 1,2 kg de pommes de terre, 50 cl de crĂšme + lait, ail frottĂ©, sel, poivre. Cuisson 160°C pendant 1h20 Ă 1h40. Le bon repĂšre : la pointe du couteau traverse sans rĂ©sistance et la surface est bien dorĂ©e. Lâerreur frĂ©quente, câest de monter trop chaud : dessus brĂ»lĂ©, dessous pas cuit.
Et si on veut comparer avec dâautres plats de viande, on retrouve le mĂȘme plaisir « sauce + pomme de terre » sur un magret ; dâailleurs, pour varier vos tables, on aime bien feuilleter aussi des idĂ©es dâaccompagnement pour un magret de canard, parce que la logique de contraste et de sauce est proche. Dans la section suivante, on quitte la pomme de terre pour des supports plus lĂ©gers Ă portionner : pĂątes, riz et cĂ©rĂ©ales.
La vidĂ©o ci-dessus aide surtout Ă visualiser le geste : Ă©craser, dessĂ©cher, puis enrichir progressivement. Une fois quâon lâa vu, on comprend mieux pourquoi le mixeur est lâennemi.
Pùtes, riz et céréales : absorber sans étouffer
Quand on a envie dâun service simple, les pĂątes et le riz sont des alliĂ©s. On les dose facilement, ils se rĂ©chauffent correctement si on sâorganise, et surtout ils absorbent la sauce du boeuf bourguignon sans exiger beaucoup de travail. Dans notre cuisine, on les choisit souvent pour les soirs oĂč la cocotte a mijotĂ© la veille : on rĂ©chauffe doucement le plat, et on lance lâeau ou le riz au dernier moment.
PĂątes longues : tagliatelles, pappardelle, fettuccine
Les pùtes longues ont quelque chose de trÚs réconfortant avec une sauce au vin rouge bien réduite. La largeur des rubans accroche la sauce, et la mùche « al dente » réveille la tendreté de la viande. Pour 4 personnes, nous comptons 320 à 360 g de pùtes fraßches (ou 280 à 320 g de sÚches). Cuisson : on respecte le paquet, mais on goûte 1 minute avant la fin.
Lâerreur quâon voit souvent : Ă©goutter puis attendre trop longtemps. Les pĂątes se collent et refroidissent. Notre parade : on garde une louche dâeau de cuisson, on mĂ©lange tout de suite avec un filet de beurre ou dâhuile neutre, et on sert. Un peu de parmesan fonctionne trĂšs bien, mais on reste raisonnable : il peut prendre le dessus sur les arĂŽmes du bourguignon.
Gnocchis et gratins de pùtes : plus moelleux, plus « plat unique »
Les gnocchis apportent un moelleux qui se marie au fondant du bĆuf. On les poĂȘle rapidement au beurre pour crĂ©er une fine croĂ»te, 5 Ă 7 minutes, et ça donne un contraste discret. Le gratin de macaronis, lui, est plus rĂ©gressif : pratique si on nourrit du monde, mais on fait attention Ă ne pas cumuler trop de crĂ©meux (gratin + sauce) sans une touche de lĂ©gumes Ă cĂŽtĂ©.
Riz basmati, riz noir, riz sauvage : lâoption lĂ©gĂšre mais fiable
Le riz basmati est Ă©tonnamment bon avec ce plat : il absorbe, mais garde une certaine lĂ©gĂšretĂ©. Pour 4, nous faisons 250 g de riz cru. Cuisson absorption : 1 volume de riz pour 1,5 volume dâeau, couvercle, feu doux 12 minutes, puis repos 10 minutes hors feu. On Ă©grĂšne Ă la fourchette, pas Ă la cuillĂšre, sinon on casse les grains.
Le riz noir ou sauvage apporte une note plus boisĂ©e et une texture plus ferme. On lâutilise quand on veut un contraste net, surtout si notre bourguignon est trĂšs fondant. Il faut simplement anticiper : souvent 35 Ă 45 minutes de cuisson selon les variĂ©tĂ©s.
| Option đœïž | Temps rĂ©el â±ïž | Ce que ça apporte âš | Erreur frĂ©quente â ïž |
|---|---|---|---|
| Tagliatelles fraĂźches đ | 5-8 min cuisson | Sauce qui accroche, mĂąche | Trop attendre aprĂšs Ă©gouttage |
| Riz basmati đ | 12 min + 10 min repos | LĂ©gĂšretĂ©, grains sĂ©parĂ©s | Remuer pendant cuisson |
| Riz sauvage đŸ | 35-45 min | GoĂ»t boisĂ©, texture ferme | Sous-cuire (grain trop dur) |
| Gnocchis poĂȘlĂ©s đ„ | 5-7 min | Moelleux + lĂ©ger croustillant | Feu trop fort, ça accroche |
Ă ce stade, on a des supports parfaits pour la sauce. Reste une chose : Ă©viter lâassiette monochrome et la fatigue du palais. Câest lĂ que les lĂ©gumes et les salades entrent vraiment en jeu.
LĂ©gumes rĂŽtis, vapeur et salades : apporter de lâair dans lâassiette
Un boeuf bourguignon peut ĂȘtre dâune richesse formidable, mais si tout est fondant, brun et nappĂ©, on perd le relief. Dans notre routine, on se force presque Ă mettre un Ă©lĂ©ment vĂ©gĂ©tal Ă cĂŽtĂ©, mĂȘme simple. Pas pour « faire sain » Ă tout prix, plutĂŽt pour garder lâenvie intacte jusquâĂ la derniĂšre bouchĂ©e. La fraĂźcheur, lâaciditĂ©, le croquant : tout ça sert le plat.
LĂ©gumes rĂŽtis : bords dorĂ©s, cĆur tendre
Les lĂ©gumes racines rĂŽtis sont nos favoris en saison froide : carottes, panais, navets, courge, patate douce. On coupe en morceaux rĂ©guliers (sinon certains brĂ»lent pendant que dâautres restent fermes). On assaisonne avec huile dâolive, sel, poivre, et des herbes aromatiques (thym, romarin). Cuisson : 200°C pendant 30 Ă 45 minutes, en retournant Ă mi-cuisson.
On a longtemps fait lâerreur de mettre trop de lĂ©gumes sur la plaque : ils « bouillent » dans leur vapeur au lieu de rĂŽtir. Mieux vaut deux plaques ou une fournĂ©e plus petite. Le signe de rĂ©ussite est clair : des arĂȘtes bien colorĂ©es, presque croustillantes, et une odeur lĂ©gĂšrement caramĂ©lisĂ©e.
Vapeur et cuisson Ă lâeau : quand on veut du net
Les haricots verts vapeur sont une bĂ©nĂ©diction avec ce plat. Ils rafraĂźchissent immĂ©diatement. On les cuit 6 Ă 8 minutes vapeur, puis on sale aprĂšs (pas avant, sinon ils se fripent). On peut ajouter une noisette de beurre et un peu de citron pour rĂ©veiller lâensemble.
Pour des carottes, on peut aussi les glacer : cuisson douce Ă couvert avec un fond dâeau, beurre, sel, et une pointe de miel si on aime. Le rĂ©sultat donne une douceur qui rĂ©pond au vin rouge sans devenir sucrĂ©e.
Salades : lâarme secrĂšte pour « respirer »
Une salade bien pensĂ©e change tout. Notre version rapide : roquette, noix grillĂ©es, copeaux de parmesan, vinaigrette moutarde et balsamique. Ou une salade de lentilles vertes avec betterave en dĂ©s et herbes fraĂźches : persil, ciboulette. On dose lâaciditĂ© pour quâelle rĂ©veille, pas pour quâelle agresse.
Si vous cherchez des idĂ©es dâĂ©quilibres similaires avec dâautres plats de tous les jours, on retrouve cette logique « gras + frais » quand on prĂ©pare un poisson riche ; on aime bien parcourir des pistes dâaccompagnement pour le saumon car ça donne de bonnes idĂ©es de salades tiĂšdes et de lĂ©gumes simples. La suite, justement, va explorer des options un peu moins classiques que pommes de terre/pĂątes, mais tout Ă fait rĂ©alistes Ă la maison.
Voir les légumes rÎtir en vidéo aide à repérer le bon niveau de coloration, celui qui apporte du goût sans assécher.
Polenta, spaetzles et twists réalistes : surprendre sans dénaturer
On aime la tradition, mais on aime aussi quand un plat traditionnel laisse un peu de place au jeu. Le bĆuf mijotĂ© au vin rouge accepte trĂšs bien certaines variations, tant quâon ne cherche pas à « faire compliquĂ© ». LâidĂ©e, câest de rester cohĂ©rents : une texture qui accueille la sauce, et une saveur qui ne crie pas plus fort que la cocotte.
Polenta crémeuse : un lit parfait pour la sauce
La polenta crĂ©meuse est une alternative trĂšs efficace aux pommes de terre. On la cuit doucement, on la remue, et on obtient une base onctueuse qui se gorge de sauce. Pour 4 personnes : 150 g de polenta, 600 ml dâeau (ou moitiĂ© eau, moitiĂ© lait), sel. On verse en pluie et on fouette au dĂ©but pour Ă©viter les grumeaux. Cuisson : 25 Ă 35 minutes selon la mouture, feu doux, en remuant rĂ©guliĂšrement.
En fin de cuisson, on ajoute 30 g de beurre et Ă©ventuellement 30 g de parmesan. Le signe que câest bon : la polenta se dĂ©tache des parois et reste souple, sans ĂȘtre liquide. Lâerreur classique, câest de servir trop ferme : elle se fige en refroidissant. Nous la gardons au chaud avec un peu de liquide en plus si nĂ©cessaire.
Croquettes de polenta : crousti-fondant trĂšs convivial
Si on a le temps (ou si on veut prĂ©parer Ă lâavance), on coule la polenta dans un plat, on laisse refroidir, on coupe en bĂątons, puis on pane (farine, Ćuf, chapelure). Cuisson au four 210°C 15 Ă 20 minutes ou Ă la poĂȘle. Avec le bourguignon, on obtient un contraste croustillant qui fait toujours sourire Ă table.
Spaetzles, knepfles, purée de chùtaignes : petites sorties de route maßtrisées
Les spaetzles au beurre sont formidables avec une sauce brune, et restent dans un registre « cuisine de famille ». La purĂ©e de chĂątaignes, elle, donne une note douce et boisĂ©e : on la sert en petite portion Ă cĂŽtĂ©, pas en montagne, pour ne pas saturer. On a dĂ©jĂ tentĂ© une assiette 100% chĂątaigne + bourguignon trĂšs rĂ©duit : câĂ©tait bon, mais trop monotone au bout de quelques bouchĂ©es. Avec une salade amĂšre Ă cĂŽtĂ©, ça redevient Ă©quilibrĂ©.
On peut aussi imaginer des galettes de quinoa et brocoli pour une option plus moderne. Le point crucial : bien les saisir pour crĂ©er une croĂ»te, sinon elles boivent la sauce et deviennent molles. Une poĂȘle chaude, un peu dâhuile, et on ne retourne quâune fois.
Ce quâon retient aprĂšs plusieurs essais, câest quâun twist rĂ©ussi ne doit pas ĂȘtre une performance. Il doit rendre le service plus agrĂ©able, ou apporter une texture quâon nâavait pas, sans dĂ©tourner lâidentitĂ© du plat. Dans la prochaine partie, on se concentre sur le service, la conservation, et les dĂ©tails pratiques qui Ă©vitent une viande sĂšche ou une sauce trop rĂ©duite.
Service, présentation, conservation : garder le fondant et la sauce brillante
Un bon boeuf bourguignon se joue aussi aprĂšs cuisson. Nous lâavons appris en rĂ©chauffant trop fort, en laissant rĂ©duire Ă lâexcĂšs, ou en servant des accompagnements tiĂšdes Ă cĂŽtĂ© dâune sauce brĂ»lante. Le rĂ©sultat nâest jamais catastrophique, mais il perd ce cĂŽtĂ© enveloppant qui fait la magie du plat.
RĂ©chauffage doux : la rĂšgle dâor
Le bourguignon se bonifie souvent le lendemain, mais Ă condition de le rĂ©chauffer avec patience. Ă la casserole, on vise un frĂ©missement, pas une Ă©bullition : feu doux 20 Ă 30 minutes selon la quantitĂ©, en remuant dĂ©licatement. Au four, câest trĂšs sĂ»r : cocotte fermĂ©e Ă 150°C pendant 45 minutes, puis on ajuste. Si la sauce a trop Ă©paissi, on ajoute un petit fond dâeau ou de bouillon, parfois une cuillĂšre de vin rouge pour retrouver le profil aromatique.
Erreur fréquente : vouloir aller vite au micro-ondes à pleine puissance. On se retrouve avec une sauce brûlante et une viande qui a serré. Si on utilise le micro-ondes, on le fait à puissance moyenne, en plusieurs fois, en remuant entre chaque passage.
Conservation : frigo, congélation, portions
Au rĂ©frigĂ©rateur, on garde le plat 3 Ă 4 jours en boĂźte hermĂ©tique. Pour congeler, on prĂ©fĂšre faire des portions : ça Ă©vite de rĂ©chauffer trop souvent la mĂȘme cocotte. On conserve jusquâĂ 3 mois. Si notre bourguignon contient beaucoup de lĂ©gumes trĂšs cuits, on accepte quâils soient un peu plus mous aprĂšs dĂ©congĂ©lation ; si on est pointilleux, on peut congeler surtout la viande et la sauce, puis refaire des lĂ©gumes rĂŽtis au moment de servir.
Présentation : simple, lisible, appétissante
On aime servir dans la cocotte en fonte au centre de la table : câest chaleureux, et ça maintient la chaleur. Ă lâassiette, on privilĂ©gie une assiette creuse. On met lâaccompagnement dâun cĂŽtĂ© (purĂ©e, pĂątes, polenta), on dĂ©pose la viande et la sauce au centre, puis on ajoute un Ă©lĂ©ment vert (haricots, salade) pour la couleur. Une pluie de persil ciselĂ© suffit souvent : les herbes aromatiques donnent une note fraĂźche au nez, juste avant la bouchĂ©e.
Ă propos de sauce et dâĂ©quilibre, on voit parfois des gens chercher des sauces « en plus ». Avec un bourguignon, on Ă©vite dâempiler, mais câest intĂ©ressant de comprendre comment une sauce se construit ; si ça vous amuse de travailler les textures, la mĂ©thode expliquĂ©e dans cette recette de sauce biggy donne de bons repĂšres sur lâĂ©mulsion et lâassaisonnement, mĂȘme si lâusage nâest pas le mĂȘme. Au final, câest la mĂȘme logique : maĂźtriser la consistance et le sel pour que tout reste harmonieux.
Quand tout est prĂȘt, on sert chaud, on garde un peu de sauce Ă part si on veut laisser chacun ajuster, et on se fait confiance : un bourguignon bien accompagnĂ©, câest un repas qui se dĂ©roule tout seul.
Quel est lâaccompagnement le plus simple et le plus sĂ»r pour un boeuf bourguignon ?
Quand on veut zéro prise de risque, nous choisissons la purée de pommes de terre ou des pommes de terre vapeur. Les deux absorbent trÚs bien la sauce au vin rouge, et leur goût doux respecte le plat traditionnel.
Comment éviter une purée de pommes de terre collante avec le boeuf bourguignon ?
Nous nâutilisons pas de mixeur. On cuit des pommes de terre farineuses, on les sĂšche 1 minute sur feu doux aprĂšs Ă©gouttage, puis on les passe au presse-purĂ©e ou au moulin. Lait chaud et beurre sâincorporent progressivement : câest le geste qui fait la diffĂ©rence.
Quels légumes servir pour équilibrer la richesse de la sauce au vin rouge ?
Nous aimons beaucoup les haricots verts vapeur (croquants, trĂšs nets), ou des lĂ©gumes racines rĂŽtis (carottes, panais, courge) pour leurs bords dorĂ©s. Une petite salade de roquette ou de lentilles peut aussi apporter lâaciditĂ© qui relance le palais.
Peut-on prĂ©parer les accompagnements Ă lâavance ?
Oui. Le gratin dauphinois et les lĂ©gumes rĂŽtis se rĂ©chauffent trĂšs bien. La polenta peut ĂȘtre cuite, refroidie, puis transformĂ©e en croquettes. Pour les pĂątes, nous les prĂ©fĂ©rons minute, sinon elles collent et perdent leur texture.
Comment réchauffer un boeuf bourguignon sans dessécher la viande ?
Nous rĂ©chauffons toujours doucement : soit en cocotte au four Ă 150°C environ, soit Ă la casserole au frĂ©missement. Si la sauce a trop rĂ©duit, on ajoute un peu dâeau ou de bouillon (et parfois une touche de vin rouge) pour retrouver une texture nappante.

